RFID

lundi 17 octobre 2011

Nos chers politiciens, toujours soucieux de notre bien-être et de notre sécurité, ont entrepris depuis quelques temps de développer et de généraliser toutes les techniques de fichage que les nouvelles technologies autorisent. Notre beau pays peut ainsi s’enorgueillir d’être le n°1 mondial en matière de traitement des empruntes digitales et numéro 1 des titres d’identité biométrique sécurisés. Tout cela représente un marché juteux combiné à une volonté déclarée de contrôler tout ce qui est vivant.

« Un fichier des gens honnêtes »

Les puces RFID sont une nouvelle génération de puces qui ont cet avantage d’être lisibles à distance... elle ne nécessitent pas de contact physique et les informations sur l’identité du porteur peuvent donc être lues à son insu.
En 2010, elles ont été imposées aux éleveurs qui doivent désormais en « équiper » chaque animal…Nous faisons partie de ceux, trop rares, qui se sont opposés à cette obligation et ont décidé de désobéir. Outre une ingérence purement technicienne et inadmissible dans notre métier de paysans éleveurs, nous entrevoyions déjà les prémisses de ce qui devait être généralisé à l’ensemble de la population (voir l’appel que nous avons lancé pour une désobéissance paysanne)

Et bien nous y voilà. Le 7 juillet, après l’adoption en première lecture au Sénat, l’Assemblé nationale (en présence de 11 députés sur 577 soit 2 % de nos représentants) a voté un projet de nouvelle carte nationale d’identité pour 2012. Celle ci reposera sur la création d’un « fichier des gens honnêtes* », c’est à dire de 45 millions de Français – en attendant leur totalité.

Cette nouvelle carte comprendra deux puces : une puce RFID obligatoire contenant nos données biométriques et une facultative « portant la signature électronique de la personne, autorisant l’authentification à distance, ce qui remplacerait le recours à des société commerciales » comme l’a expliqué Claude Guéant**.

Un héritage douteux :

Rappelons que la carte d’identité est une invention française - comme la ville de Tourcoing et le beaujolais nouveau. D’abord réservée aux Gitans (éternel péril de notre civilisation), elle reste facultative pour l’ensemble de la population jusqu’à ce que le Régime de Vichy la rende obligatoire (elle redeviendra facultative en 1955).

Aujourd’hui, bien que non obligatoire***, la carte d’identité s’est imposée partout comme une exigence de l’administration, mais aussi du secteur privé et jusqu’aux commerçants et aux grandes surfaces qui l’exigent pour tout paiement par chèque. Une exigence transformée en évidence, comme naturelle et plus personne ne se souvient qu’elle est une invention récente imposée dans des circonstances et pour des raisons pour le moins douteuses...

Nous faisons partie de ceux qui estiment que le débat devrait se situer là : pourquoi une carte d’identité, pour l’intérêt et la sécurité de qui ?

Mais nous n’en sommes pas là. Comme pour bien d’autres domaines, la révolution conservatrice que nous vivons nous présente les pires retours en arrière comme des signes de modernité et de progrès dans la marche naturelle de l’histoire, celle qui va là bas.
Enrobée de technologie hi-teck et de propagande sécurisante, la pilule s’avale avec le sourire ...
Aujourd’hui, nous en sommes à défendre ce que nous fustigions hier : la bonne vieille carte d’identité qu’on doit présenter nous même. Être au moins conscients de cet acte, pouvoir le refuser quand c’est possible.
Nous ne voulons pas que le ministère de l’intérieur (et qui d’autre à terme ?) centralise toutes les données concernant nos déplacements, nos achats, nos appels téléphoniques, nos connections et que sais-je encore. Nous ne voulons pas être fichés, fliqués, espionnés en permanence...

Aujourd’hui, nous en somme à résister, à nous re-mobiliser, à compter nos forces. À imaginer de nouvelles manières de résister, de désobéir, de boycotter.

Pour notre part au Maquis nous avons tous perdu notre carte cet été. C’est ballot ! nous allons donc illico faire une déclaration à la mairie pour en avoir une nouvelle qui ne sera pas encore pucée.
Insuffisant, diriez vous ? Sans doute...

* L’expression est du sénateur UMP François Pillet, rapporteur de la proposition de loi sur la protection de l’identité
** Grâce à un boîtier relié à l’ordinateur, cette deuxième puce permettra de payer ses impôts, de faire ses courses sur internet, etc., grâce à la carte d’identité. Pour plus de détails, voir l’article très complet paru sur le site d’owni.
*** L’identité peut être justifiée par le passeport, ou une autre pièce : document d’état civil indiquant la filiation, livret militaire, carte d’électeur ou de sécurité sociale.


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