Manifeste contre la société des gazs de schistes

dimanche 20 juillet 2014

O La connaissance des problèmes environnementaux créés par l’extraction des GHDS s’est assez vite répandue en France avant même que celle-ci ne débute. Signés dans une quasi clandestinité par le ministre de l’écologie d’alors, les permis de recherche ont tout à coup acquis une visibilité aveuglante. Les informations sur l’état des problèmes crées aux USA retraçaient les détériorations du sol et du sous-sol par les injections à haute pression d’eau, de sable et surtout de produits chimiques (la fracturation hydraulique), les métaux lourds et les éléments radioactifs présents dans le sous-sol profond à l’état naturel qui remontent en surface où ils deviennent nocifs. La pollution de l’air par les raffineries et les fuites de méthane ainsi que les atteintes à la sérénité des campagnes parcourues par les camions et parsemées de plate-formes de forage et de bassins de rétention ne pouvaient qu’évoquer l’horreur dans les campagnes françaises. Les populations urbaines déjà bien trempées dans les nuisances de l’urbanisme galopant en ont été moins émues. Il faut ajouter un aspect aussi fondamental : l’impact global des extractions d’hydrocarbures (de quelque nature que ce soit : conventionnels ou non) dont l’utilisation conduiraient immanquablement à une hausse de la température terrestre. Phénomène dont il est question depuis les années 70 mais sur lequel les
autorités se sont – en principe – mis d’accord maintenant.

O Le désastre environnemental provoqué par les GHDS aux USA a longtemps été confiné aux cercles universitaires (quelques « experts ») et aux riverains. L’opposition de ces derniers permettaient aux industriels de faire une critique de cette opposition en la classant NIMBY ( = pas dans mon jardin ! Sous entendu ...ailleurs, pourquoi pas ?)

O Les dégradations environnementales dues aux gaz et pétroles de schistes sont à remettre dans le cadre plus complet de toutes celles occasionnées par le système de production industriel. La fuite en avant technologique – nécessaire au pouvoir économique – est promue par le pouvoir politique ; elle produit des catastrophes qui se multiplient ces dernières années et ne cesse de dégrader les conditions de vie. En touchant au sous sol, au sol et à l’air on constate une fois de plus que le
système de production industriel avec l’exploitation des gaz et pétroles de schistes – et autres extractions conventionnelles et non conventionnelles – s’inscrit dans cette dynamique et porte une atteinte grave et globale à la vie.

O Pour pouvoir apprécier ces nuisances à leur juste valeur il faut avoir encore une idée de ce qu’a pu et ce que pourrait être la vie sur Terre sans la production croissante des produits de l’industrie ; ceux qui ne peuvent survivre sans les innombrables gadgets que celle-ci fabrique n’ont donc aucune possibilité de constater les dégâts et, donc, s’en accommodent sans trop de problème. Seule une
limite objective (1) dans la « supportabilité » de celles-ci pourraient avoir un impact sur ces consommateurs-là.

O Les restrictions des libertés (interdiction d’étudier les impacts des GdS sur la santé et sur l’environnement, par exemple) que les USA mettent en place en ce moment deviennent nécessaires au bon fonctionnement du système productif. Cela permet de réduire au minimum – au moins pour un temps – non pas la réalité des conséquences mais la connaissance que les populations en ont.
L’abandon des lois et réglementations environnementales (pourtant très strictes) que les mouvements des années 60 avaient imposées ont permis aussi de réaliser les extractions de GHDS.
Il leur faut mettre en adéquation toutes lois et réglementations afin qu’elles s’harmonisent avec la production des gaz et pétroles de schistes. Et au delà, à toutes les dégradations commises par le capitalisme triomphant.

O Le passage progressif mais bien visible à un système « participatif » où la population est censée être consultée fait – paradoxalement ?– partie de ce basculement vers un monde devenant toujours plus totalitaire. Il n’est jamais question de céder ou partager le pouvoir décisionnaire mais bien l’illusion de celui-ci. Toujours dire que les citoyens sont consultés et qu’on tiendra compte de leurs observations tient lieu de nouvelles libertés acquises alors qu’en fait on ne nous demande rien d’autre que de nous défouler un moment (un carnaval moderne ?) puisque tout a été décidé avant même que les instances de débats ne se mettent en place.

O La production des marchandises (de l’industrie alimentaire aux gaz de schistes et de toutes les autres) n’est absolument pas assujettie à un processus de décision
démocratique. C’est ’le monde qui évolue !’ – ...on nous le clame assez souvent – en fait les équilibres économiques qui décident de ce qui est bon pour nous. On ne demande pas l’avis des populations pour fabriquer des automobiles, des cacahuètes salées OGM ou pas, des puces électroniques, une centrale nucléaire ou creuser
des puits ...sauf quand les gens se révoltent et expriment leur opposition. Seule l’irruption autonome des populations a jusqu’à maintenant permis d’empêcher le pire (2), c’est la seule solution pour les luttes à venir !

1 _ un Fukushima généralisé ou bien devant nos portes, la vache folle ’mondialisée’, une épidémie ’globale’,... toutes choses déjà
(entre)vues.
2 _ ce qui ne veut pas dire qu’on ne pourrait pas voir droit bientôt à d’autres Fukushima et à d’autres catastrophes...


Le monde des gaz de schistes est une abomination.
Nous n’en voulons
NI ICI NI AILLEURS !

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